En fin mai 2026, le Comité permanent de l’environnement et du développement durable de la Chambre des communes a publié « Préserver l’eau douce du Canada pour aujourd’hui et pour demain » (Sustaining Canada’s Freshwater for Today and Tomorrow), un rapport approfondi sur l’avenir de la gestion et de la protection de l’eau douce au Canada.
À la suite du témoignage de la présidente Soula Chronopoulos devant le comité parlementaire, AquaAction était réjoui de voir huit recommandations pour le gouvernement reflétant directement ses conseils sur comment accélérer un écosystème des technologies de l’eau.
Ce rapport représente un travail fondateur pour le gouvernement du Canada et arrive à un moment essentiel.
Alors que les réseaux d’eau douce sont confrontés à une pression croissante due au changement climatique, au vieillissement des infrastructures, à la pollution, aux inondations, aux sécheresses, à l’épuisement des nappes phréatiques et aux problèmes liés aux eaux usées, la crise de l’eau exige une intervention fédérale.
Le rapport présente un tour à 360° des enjeux qui entravent une gouvernance fédérale efficace, aboutissant à 88 recommandations destinées au gouvernement fédéral.
Dans le contexte d'une prochaine stratégie nationale de sécurité de l'eau, ces recommandations servent de lignes directrices que le gouvernement fédéral peut prendre afin de garantir une eau de qualité au Canada.
Bien que le Canada ait réalisé d'importants investissements dans l'économie propre, se préparer à une économie à faibles émissions ne suffit pas si le pays ne se prépare pas également à une économie confrontée à des contraintes hydriques. Sans un soutien ciblé pour les technologies de l'eau, le pays risque de perdre les jeunes entreprises, la propriété intellectuelle, les emplois et les solutions nécessaires pour y faire face.
Dans une section consacrée au secteur des technologies de l’eau au Canada, le rapport pose la question suivante : et si le Canada disposait déjà d’une grande partie des idées nécessaires pour protéger l’eau douce, mais n’avait pas encore créé les conditions propices à leur déploiement à grande échelle ?
Le témoignage de Chronopoulos a directement donné lieu aux recommandations 68 à 74, qui attirent l’attention sur un aspect souvent négligé de la protection de l’eau douce : la nécessité de soutenir les personnes et les organisations qui transforment les enjeux liés à l’eau en solutions déployables.
Cette reconnaissance est essentielle pour positionner le secteur canadien des technologies de l’eau à l’intérieur de la sécurité de l’eau douce, du développement économique et de la compétitivité nationale.
Dans ce contexte, les recommandations abordent les conditions opérationnelles qui déterminent si les technologies canadiennes liées à l’eau peuvent être testées, adoptées et déployées à grande échelle. Elles reconnaissent également le rôle des accélérateurs et des facilitateurs, dont AquaAction, qui aident les innovateurs à passer de l’idée au marché.
« D’ici dix ans, je souhaite que la technologie canadienne soit présente dans les bassins versants de tous les continents. Je souhaite que le monde se tourne vers le Canada non seulement pour notre eau, mais aussi pour ce que nous avons fait avec elle », déclare Soula Chronopoulos.
Ensemble, ces recommandations tracent une voie plus claire pour le secteur canadien des technologies de l'eau. Elles reposent sur quatre priorités : développer et tester des technologies de l'eau, faire passer les solutions de l'idée à l'adoption, renforcer la compétitivité du Canada et coordonner la gestion de l'eau douce avec la politique d'innovation.
Les recommandations 68 à 74 du comité stipulent :
Recommandation 68
Que le Conseil national de recherches du Canada met en place des installations de recherche et développement spécifiquement consacrées au développement et à la mise à l’essai de produits et services liés aux technologies de l’eau.
Recommandation 69
Que le gouvernement du Canada soutienne davantage la commercialisation des technologies propres pour surveiller et améliorer la qualité de l’eau.
Recommandation 70
Que le gouvernement du Canada offre un soutien plus direct aux accélérateurs de technologies de l'eau, incluant des fonds pour les investissements provinciaux dans les start-ups du secteur de l'eau, ainsi que sous forme de subventions et de prêts remboursables à faible taux d'intérêt, aux facilitateurs et accélérateurs de technologies de l'eau tels qu'AquaAction, le Dobson Center for Entrepreneurship de l'Université McGill, le MaRS Discovery District de l'Ontario et ForeSight.
Recommandation 71
Que le gouvernement du Canada collabore avec la Fédération canadienne des municipalités afin d’élargir la portée du Fonds municipal vert pour y inclure le financement de projets pilotes en technologies de l’eau à l’échelle municipale.
Recommandation 72
Que le gouvernement du Canada étende le nouveau crédit d’impôt à l’investissement pour la fabrication de technologies propres afin d’encourager les investissements dans les technologies de l’eau, comme l’a fait le département du Commerce des États-Unis.
Recommandation 73
Qu’Innovation, Sciences et Développement économique Canada dresse un inventaire complet des programmes des gouvernements fédéral et étatiques des États-Unis offerts pour soutenir le secteur des technologies de l’eau de ce pays, y compris les subventions, les prêts remboursables à faible coût, les crédits d’impôt et les politiques d’achat préférentiel américain, afin d’évaluer la compétitivité relative du Canada.
Recommandation 74
Que le gouvernement du Canada assure une coordination entre les programmes de technologies propres d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada et les efforts de l’Agence canadienne de l’eau pour la protection de l’eau douce.
Pour AquaAction et Soula Chronopoulos, contribuer à l'élaboration de ces recommandations marque un moment important de reconnaissance nationale. Mais surtout, cela permet de faire progresser un objectif plus large : veiller à ce que les technologies canadiennes liées à l'eau puissent jouer un rôle significatif dans la protection de l'eau douce, aujourd'hui et demain.
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