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De l’accès à la résilience : Bâtir des réseaux d’eau efficaces au moment où nos communautés en ont le plus besoin

Rédigé par AquaAction | 19 août 2026, 20:19:34

Au cœur des enjeux du Défi AquaHacking Binational — Partie 2 de 4 

Ouvrir le robinet à Toronto ou à Chicago et avoir accès à de l’eau potable semble être une évidence. Pourtant, il suffit de faire quelques heures de route pour réaliser que ce n’est pas le cas partout. Traversant le Canada et les États-Unis, de nombreuses communautés font encore face aujourd’hui à des avis d'ébullition, contraintes de faire bouillir leur eau ou de boire de l'eau en bouteille.

 

En 2025, le Canada comptait près de 40 avis de qualité de l’eau potable à long terme en vigueur dans les communautés des Premières Nations et les zones rurales, ainsi que des centaines d'avis à court terme. Aux États-Unis, ce sont plus de 10 000 réseaux publics d’approvisionnement en eau qui ne respectaient pas les normes sanitaires.

 

Le risque est présent tout au long de la chaîne, de la source jusqu'au robinet, en passant par des conduites de distribution détériorées. Ajoutez à cela le vieillissement des infrastructures, les interruptions de service, les risques de contamination et une pression croissante exercée par les inondations, les sécheresses et les événements météorologiques extrêmes : les réseaux d’approvisionnement en eau qui desservent nos communautés sont poussés à leurs limites.

 

Dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent, la véritable résilience ne se mesure pas à la quantité d'eau qui nous entoure, mais plutôt à la capacité de nos infrastructures, de nos usines de traitement et de nos réseaux de distribution à tenir le coup sous pression.

 

Transformer les enjeux liés à l’eau en opportunités d'innovation

Pour réduire cet écart dans l'accès à l’eau, les équipes d’AquaHacking collaborent avec trois porteurs d’enjeux avec des expertises relevant de la gouvernance autochtone, des infrastructures municipales et des politiques climatiques locales :


Leur collaboration avec les équipes a permis de mettre en évidence trois grands axes d'innovation.

 

Thèmes principaux de cet enjeu

 

Rebâtir la confiance grâce à une gouvernance dirigée par les peuples autochtones

L’accès équitable à l'eau est indissociable de l'histoire de sa gouvernance et de la confiance qui s'y rattache. Quand les avis d'ébullition persistent, c'est souvent dû à des infrastructures trop complexes qui dépendent de techniciens externes, à des modèles de financement rigides ou à des ruptures de confiance passées. Une vraie résilience exige d'adopter la démarche du « double regard » (Two-Eyed Seeing), qui rassemble le savoir autochtone et la science occidentale pour créer des solutions locales et adaptées à la réalité de ces communautés. Pour les innovateurs, cela change la question de départ : au lieu de se demander « Comment implanter notre technologie dans cette communauté ? », on se demande plutôt « De quoi cette communauté a-t-elle besoin, et comment développer la solution avec elle ? ». Plutôt que d'imposer des modèles de gestion urbaine à de petites populations, il faut miser sur des systèmes co-conçus à l'échelle communautaire, renforçant la souveraineté locale et qui sont réellement gérables sur le long terme.

Concevoir pour la pire journée de l'année

Du côté des infrastructures municipales, la résilience se résume à un test ultime : que se passe-t-il quand tout tourne mal en même temps ? Le réseau d'aqueduc est souvent invisible… jusqu'à ce qu'il flanche. Un simple bris de conduite majeure peut inonder un quartier complet en quelques minutes, tandis qu'une panne de courant soudaine peut priver une usine de sa capacité à traiter l’eau potable en toute sécurité. Le risque se cache aussi le long du trajet entre la source et le robinet : l'eau traitée peut facilement se recontaminer lors du transport par camion, dans les citernes résidentielles ou en traversant des tuyaux usés.

 

Rebâtir à neuf les réseaux d'eau n'est tout simplement pas abordable pour la majorité des villes. C'est pourquoi les innovations « à faible empreinte infrastructurelle »  sont essentielles. Des rénovations plus intelligentes, des dispositifs passifs de contrôle du débit et des outils permettant de détecter tôt les contaminants invisibles permettent d'assurer la santé publique sans engloutir des milliards de dollars. Le but n'est pas de concevoir une infrastructure qui ne subira jamais de pression, mais bien une structure capable de l’anticiper, de s'y adapter et de s'en remettre.

 

Combler le manque de ressources dans les administrations locales

Parfois, le frein à l'innovation n'est pas le manque de solutions, mais le manque de ressources pour les déployer. Même lorsque les dirigeants locaux souhaitent s’adapter, les départements de services publics de petite taille n'ont souvent ni la main-d’œuvre, ni les connaissances, ni le budget nécessaire pour y parvenir. Les opérateurs passent leurs journées à éteindre des feux au lieu de planifier la gestion des risques climatiques de demain. Il existe des logiciels performants, des cadres de gestion des actifs naturels et des obligations vertes, mais ces petites équipes ont rarement un spécialiste dédié pour les mettre en œuvre.

Une solution qui exige un niveau d'expertise, du temps ou des moyens dont une communauté ne dispose pas aura du mal à produire un impact. Cela soulève un autre défi d'innovation : comment rendre la résilience simple à appliquer ? Les avancées décisives surviennent lorsqu’on élimine ces frictions administratives, en proposant des outils simples, accessibles et intuitifs que les équipes municipales déjà débordées peuvent facilement adopter et maintenir. La solution la plus efficace est celle que les communautés peuvent réellement adopter, utiliser et faire durer.

 

Que développent les innovateurs d'AquaHacking?

Plusieurs équipes du Défi AquaHacking Binational ont présenté des solutions ingénieuses à cet enjeu complexe lors de la demi-finale. Même si certaines n'ont pas accédé à la grande finale qui se passera à Détroit, le soutien d'AquaAction ne s'arrête pas là. Tous les participants motivés intègrent la communauté AquaNation, le réseau d'AquaAction regroupant des entreprises technologiques et des innovateurs du secteur de l'eau.

 

Une équipe véritablement binationale, réunissant des membres du Québec et du Michigan, continue de développer sa solution axée sur l'accès à l'eau et la résilience locale.

 

Innovateur à l'honneur : Équipe LAPARA

L'équipe LAPARA développe une plateforme géospatiale numérique qui permettra de mesurer, prévoir et gérer les risques de sécheresse et de stress hydrique dans le bassin des Grands Lacs et du Saint-Laurent. Leur démarche repose sur une approche intégrée combinant la géomatique, l'hydrologie, l'hydrogéologie, l'analyse climatique et les données socio-économiques pour établir un Indice de résilience hydrique territorial (IRHT). L'objectif est de rendre ces informations complexes simples et utiles pour le terrain : offrir une image claire des zones vulnérables, de l'évolution des risques et des endroits où intervenir en priorité.

 

Pour en savoir plus sur l'ensemble des équipes du Défi de cette année, visitez : https://aquaaction.org/aquahacking-binational-teams

 

 

De l’accès à la résilience

Bien que les défis soulevés varient, ils mènent tous au même constat : l'abondance d'eau douce ne garantit pas la sécurité hydrique. C'est vrai pour une Première Nation qui attend depuis des décennies la levée d’un avis d'ébullition, comme pour une ville qui se prépare à la prochaine tempête.

 

En bâtissant la confiance, en renforçant les capacités locales et en concevant des systèmes capables de faire face aux pires scénarios, ces innovateurs s'assurent que nos réseaux d'eau ne font pas que survivre aux moments de crise. L'objectif est d'avoir des communautés et des infrastructures prêtes à toute éventualité, même lorsque la situation est loin d'être idéale.

 

Soyez des nôtres le 5 novembre pour la Grande finale binationale et découvrez les solutions des finalistes en direct : https://aquaaction.org/fr/nos-programmes/defi-aquahacking/finale-binationale-2026