Saviez-vous que les inondations sont les catastrophes naturelles les plus fréquentes et les plus coûteuses au Canada, avec des dommages annuels entre 2 et 5 milliards de dollars ?
La pression liée à ces événements augmente avec le réchauffement causé par les changements climatiques, qui entraîne une concentration plus élevée d’humidité dans l’atmosphère. Il en résulte des pluies plus intenses sur de plus courtes périodes et une montée plus rapide du niveau des rivières. Les réseaux d’eaux pluviales sont davantage sollicités. Les infrastructures, quant à elles, subissent une pression qu’elles ne peuvent pas supporter.

Des innovateurs de l’eau d’AquaAction travaillent à mieux anticiper les risques d’inondation, à intervenir de manière proactive et à protéger les communautés les plus exposées aux crues.
Les plus touchées sont souvent les communautés rurales, nordiques et autochtones, ainsi que celles qui sont les moins équipées. Au Canada, environ 1,5 million de maisons sont fortement exposées aux inondations, avec 80 % des villes canadiennes sont construites dans des plaines inondables.
De la prévision à la détection jusqu’à la protection, les inondations exigent à la fois une planification à long terme et l’action locale en temps réel que proposent les innovateurs d’AquaAction.
Prédiction : Voir le risque avant qu'il n'arrive
Il existe une grande différence entre la prévision à court terme, qui comprend les alertes locales, la coordination des mesures d’urgence et la planification des interventions à court terme, et la prédiction à long terme, qui s’appuie sur les données historiques, les antécédents d’inondation et la modélisation pour comprendre où le risque s’accumule au fil du temps.
La prévision nous aide à réagir. La prévision nous aide à nous préparer.
Aujourd’hui, la prévision devient plus complexe. Les données historiques demeurent importantes, mais les changements climatiques ajoutent une nouvelle variable imprévisible. Comme l’explique le professeur Alain Pietroniro, de Schulich School of Engineering de l’Université de Calgary, et l’un des plus grands experts du Canada en données hydrométriques :
« Ce serait formidable si nous pouvions dire en novembre qu’il va y avoir une inondation à Calgary en mai, mais ce n’est pas possible. On ne peut tout simplement pas. Tout ce qu’on peut faire, c’est s’y préparer, et c’est là que les modèles à plus long terme entrent en jeu. »
La prévision des inondations à l'échelle continentale
Pietroniro estime que le Canada possède l’expertise nécessaire pour devenir un leader mondial en technologies de l’eau. Ce qui manque au pays, c’est une plateforme unifiée de prédiction des inondations sur laquelle les innovateurs peuvent s’appuyer, semblable au National Water Model aux États-Unis.
Une meilleure capacité de prédiction ouvre aussi la voie à des outils plus solides dans le secteur privé. Au Canada, les cartes des zones inondables sont souvent produites par des firmes de génie-conseil, et de meilleurs modèles de prédiction pourraient directement renforcer ce travail.
Les outils en code source libre, les données satellitaires, les plateformes infonuagiques et les produits hydrologiques en temps quasi réel pourraient tous contribuer à transformer la recherche en planification concrète.
Selon lui, les progrès dépendent d’une meilleure intégration entre les gouvernements et les innovateurs du secteur privé.
Détection : savoir ce qui se passe en temps réel
L'écart dans la gestion locale des inondations
Les municipalités interviennent encore trop tard, souvent lorsque le niveau de l’eau est déjà en train de monter. Comme le dit Eric Bourbeau, PDG et cofondateur de X-TELIA :
« Beaucoup d’entre elles sont encore très en mode réactif… Elles n’ont pas de systèmes d’alerte précoce. Elles n’ont pas de données en temps réel qui leur disent essentiellement ce qui s’est passé. »

Les inondations peuvent être influencées par de grands bassins versants, mais elles deviennent souvent dangereuses à une très petite échelle. Une municipalité peut surveiller un système fluvial alors que la véritable menace se forme à un seul pont, un seul ponceau, un seul regard d’égout ou une seule rue. Par exemple, une accumulation de glace à un pont peut faire dévier l’eau vers des maisons voisines en moins d’une heure, même lorsque le reste de la rivière semble maîtrisable.
À quoi ressemble la détection en temps réel
Le travail de X-TELIA se concentre sur cet écart. Son système X-PLUVIO utilise des pluviomètres pour fournir des données hyperlocales sur les précipitations, aidant les municipalités à voir ce que des stations régionales plus larges peuvent manquer. Les alertes peuvent indiquer, par exemple, combien de millimètres de pluie sont tombés au cours des 15 dernières minutes à un endroit très précis.
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Son système NIV-EAU se concentre sur les rivières. Des capteurs installés sous les ponts ou dans les regards d’égout suivent les niveaux d’eau en temps réel. Pendant les périodes de risque plus faible, les relevés peuvent être transmis toutes les deux heures. Pendant la saison des crues, cela peut passer à une ou deux minutes. Les capteurs fonctionnent à batterie, ont une longue portée et sont conçus pour envoyer des alertes lorsque les conditions changent rapidement.
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Protection : limiter les dommages lorsque l'eau arrive en aval
Que faire lorsque l'inondation est déjà à la porte ?
La réponse de SBB est temporaire, mais pratique : des barrières anti-inondation modulaires en aluminium. Chaque panneau mesure un mètre sur un mètre et pèse environ 30 kilos, ce qui rend le système plus léger et plus rapide à déployer que plusieurs mesures d’urgence traditionnelles. Il peut être entreposé dans un conteneur de 20 pieds, installé manuellement et réutilisé.
Ces barrières sont conçues pour retenir l’eau, mais aussi pour résister aux courants et aux débris, ce qui est essentiel dans de vraies conditions d’inondation, où l’eau arrive souvent avec force.
En pratique, ce type de protection peut faire gagner du temps. En parlant d’une communauté nordique du Québec exposée aux inondations, Carlos Ballesteros a dit :
« Cela leur a donné du temps. Cela leur donne le temps de réfléchir à une solution plus fiable parce qu’au final, c’est un système temporaire. »

Pour aider les collectivités à mieux anticiper les inondations et les épisodes de crue, JFSA Québec a développé un outil de prévision hydrologique. Cet outil permet de transformer la donnée hydrologique en information claire, actionnable et utile pour la planification et la gestion des risques. Il permet de faire des prévisions, jusqu’à cinq jours à l’avance, sur les débits et les niveaux d’eau, de façon continue tout au long de l’année.
Les municipalités peuvent ainsi passer d’une posture réactive à une approche proactive. Elles peuvent mieux se préparer, mobiliser les bonnes ressources au bon moment et mettre en place des actions préventives pour réduire les dommages matériels.
« Ensemble, passons de la réaction à la prévention, et transformons l’anticipation en véritable force d’action. »

Geosapiens développe des modèles climatiques qui permettent d'identifier les zones les plus exposées aux risques d'inondations et aux feux de forêt. Ces modèles aident les personnes à mieux comprendre ces risques, à s'y préparer et à les atténuer. L'entreprise diffuse ces informations à travers trois produits différents, dont un portail web.
Ces outils aident les agences gouvernementales, les assureurs et les institutions financières à renforcer leur résilience et à réduire les pertes causées par les catastrophes climatiques.
Une voie plus résiliente pour l'avenir
La résilience face aux inondations repose sur trois piliers. La prédiction permet de repérer où le risque s’accumule. La détection aide les communautés à réagir en temps réel. La protection permet de réduire les dommages lorsque l’eau a déjà atteint les maisons et les communautés. Une meilleure résilience face aux inondations dépendra de la synergie des trois.
Alors que le risque d’inondation augmente partout au Canada, les innovateurs d’AquaAction offrent une gamme d’outils pour aider à passer d’une approche réactive à une approche proactive de la gestion des inondations.
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